dimanche 19 août
Une pastille Vichy
...pour faire passer le goût ?
Si chacun peut vouloir que des actes odieux soient dénoncés
Si chacun peut comprendre qu'il est important de rapporter
Doit on pour autant l'inciter ? Doit on pour autant le primer par une médaille ?
Sans doute si il s'agit de civisme
mais sans doute pas si il s'agit juste d'humanité
et on sait hélas où le civisme peut nous mener ...
mardi 29 mai
9 mois pour une éternité
Et si les souvenirs étaient plus terribles que la réalité ?
9 mois c'est tout juste ce qu'il faut pour accoucher de son bonheur, de sa douleur...
Et depuis quelques jours mon corps à moi aussi le dit, ça fait 9 mois
Que je suis à nouveau seule face à moi
Alors je me questionne (moi qui me suis fait une idée sur la question),
est-il moins terrible de l'être toujours ou de le redevenir à chaque fois ?
lundi 07 mai
Politique, mode d'emploi
... ou comment on en est arrivé là ...
Pour Socrate, paraît-il, la politique était une activité qui consistait à prendre part à la vie de la Cité.
Soit en français pure souche : " se mêler des poubelles de ces concitoyens tout autant que de leur bien être". Bref participer et faire faire la vie de la cité (composée de plus ou moins de communautés) (bon dac il est possible que toussa soit interprété par un cerveau embrumé).
En tout état de cause, il s'agissait d'une chose noble et altruiste mais comme dans la religion, l'humain s'en est mêlé ...
L'humain, petite bête possédant un truc que nul autre ne détient : un ego (la petite voix qui dit moi moi moi!)
La combinaison du principe de vie de la Cité et du Ego sur-dimensionné a sûrement toujours existé, il a déjà été maintes fois incarné.
Force est de constater une fois encore, une fois de trop peut être, que notre solitude individualisme, notre désengagement désinvestissement ont permis l'avènement d'un être égotique qui rassure certains par ses mots en même temps qu'il terrifie les autres par ses actes.
jeudi 15 février
Oh capitaine, mon capitaine ...
... ou quand les mots, ou quand les phrases traduisent enfin la réalité de nos pensées ....
Parfois les mots expriment nos idées
profondes, intimes, véridiques
Parfois même de manière volontaire
il ne s'agit plus d'une boite noire qui viendrait jouer des tours à son propriétaire
mais bien le propriétaire qui "réussit" enfin à exprimer exactement, pleinement, justement
ce qu'il veut dire
Dans ces moments là, personnellement, je pense à ce film là
à la seule scène qui m'ait profondément marquée
celle où le groupe soumis à l'autorité
a exprimé sa volonté, sa fraternité
Oh capitaine mon capitaine
C'est mon être tout entier qui te soutiens
malgré l'apparence affichée
Oh capitaine, mon capitaine
Tu m'as offert la liberté
celle de l'esprit, celle d'un être qui ne sera plus jamais asservi
jeudi 04 janvier
Une si jolie poupée
Une jolie poupée ne saura jamais
si elle peut être aimée
au delà de ses yeux, juste pour ses pensées
Une jolie poupée ne saura jamais
si elle a été vraiment aimée
ou seulement uniquement désirée
Une jolie poupée ne saura jamais
si son rimel jeté
elle ne restera pas seule avec tous ses regrets
vendredi 17 novembre
Le grand fossé
ou la vie tranquille d'une privilégiée ...
Facile de condamner les propos insultants d'un travailleur fatigué qui ne parvient plus à dormir faute de silence dans son HLM, finalement.
Difficile de les comprendre, les entendre. De les supporter.
Il y a quelques heures, la citadine que je suis est allée faire un tour, l'air de rien dans les faubourgs de la cité.
Je suis restée stupéfaite je dois bien le reconnaitre face à quelques jeunes gens. Le bus était bondé, à l'avant. Et je n'aime pas être piétinée. Alors je me suis avancée jusqu'au fond du bus. Au milieu de ces pré-ados. J'aime bien les jeunes. Un ado est un ado, quelqu'il soit, ses interrogations sont toujours les mêmes. Ceux que j'ai cotoyés cet après midi ont néanmoins probablement un chouia de souffrance sociale supplémentaire.
Je me suis trouvée interloquée par le "manque de codes". Comment est-il possible d'évoluer dans une contrée dont on ne partage pas les us et coutumes à ce point ?
Après avoir été interpelée, subit les hurlements mais également avoir vu jaillir un cutter menaçant dans les mains d'une jeune fille totalement hystérique, je me suis rendue à l'évidence.
Ils sont inconscients (comme tous les adolescents d'ailleurs) ... inconscients du mal qui'ls sont en train de se faire.
A moins que justement, ils en soient conscients.
vendredi 27 octobre
Une vie de servitudes
Adieu veau, vache, couvée, portée...
La première fois que j'ai compris, c'était il y a 10 ans je crois.
Il y a dix ans ma meilleure amie d'alors a craqué sous mes yeux parce qu'une étincelle a fait voler ses certitudes.
Voilà ce que j'ai vu, l'étincelle, le fil, la barrière invisible, celle qui fait que d'un coup on est de l'autre coté du trait, l'origine de la cission. Une simple remise en cause de ce en quoi elle croyait, de ce sur quoi elle avait finalement basé son Etre. J'ai vu ce jour là un être ne plus Etre.
Et je n'ai pas su lui dire ce qu'elle attendait sans doute de moi. J'y suis allée de toute ma naiveté, de toute ma cruauté. Je n'ai compris qu'après. Que pour elle Avoir c'était Etre.
Depuis j'ai muri, elle aussi ... sans doute. On ne s'est jamais revu.
Depuis je sais néanmois que ce qui me fait peur à moi, ce sont les gens emplis de certitudes, de servitudes. Ils m'effraient. Je préfère ceux qui mettent en doute, s'interrogent, ceux qui dans la rue lèvent le nez pour regarder briller les étoiles. Ceux que la folie n'atteindra pas, ceux que la folie possède déjà.
jeudi 31 août
Le Bonheur a un prix ?
J'en vois certains qui monnaient leurs instants de Bonheur. Et je reste dans l'incompréhension totale.
Que peut on attendre d'un évènement prostitué pour quelques pennys (et on en prononce pas l'S hein) ? Existe-t-il encore ? Je veux dire : est-il alors réel ou juste construit, élaboré, préparé ?
Que devient-on dès lors qu'on accepte que des instants de vie ne soient pas vrais ? Qui devient-on dès lors que l'on accepte de renoncer à quelques minutes, quelques heures de notre existence ? Qui est-on dès lors que les instants les plus marquants de notre vie ne sont construits que pour un objectif photo, une caméra, un compte en banque ?
Moi qui ai déjà tant de mal à intégrer le concept de Bonheur planifié, moi qui ne sais saisir que l'instant présent et alors savourer, comment comprendre un être qui conçoit son Bonheur avec télécaca comme employeur ?
jeudi 24 août
Emmanuel comme un soleil
"Si Dieu avait voulu faire de nous des êtres heureux, Il ne nous aurait donné ni la Liberté, ni l'Intelligence."
Manu l'a dit. Et est-ce que cela change quelque chose au sens de cette phrase de savoir que Manu est le pilier du bar du coin, le sdf du trottoir d'en face, mon cousin ingénieur ou un penseur du 18ème siècle ? Peut être ? Peut être que cette phrase n'a alors pas la même résonnance juste par le peu de ce que je sais d'eux...
C'est alors que mon cerveau paranormal joue à son jeu préféré : s'interroger. Prêt ? Voilà ma série de la nuit : une phrase n'a-t-elle toujours qu'un sens ? le sens que j'attribue est-il toujours lié aux éléments de contexte ? les deux premières interrogations ne sont elles pas là pour éviter de me poser la question qui fâche ? y a-t-il opposition entre Liberté, Intelligence et Bonheur ? Dieu est-il pervers ? Dieu existe-t-il ?
Bon faudrait que je pense à débrancher...
Emmanuel KANT (1724-1804), philosophe allemand, inventeur du criticisme (et pas du crétinisme comme me le suggère le correcteur orthographique).
